Canada-France-USA-musique-jazz Jacky Terrasson, le plus américain des jazzmen francais (PORTRAIT) Par Emilie PONS MONTRÉAL, 2 juil 2008 (AFP) - Le pianiste franco-américain Jacques-Laurent Terrasson, 42 ans, qui s'est distingué dans une prestation unique au Festival international de jazz de Montréal, s'impose aujourd'hui sur le continent du jazz, son jeu fluide, souple et ludique faisant le bonheur de ses fans. Né à Berlin en 1965 d'une mère afroaméricaine et d'un père français, l'iconoclaste Jacques-Laurent Terrasson est devenu, après une vingtaine d'années aux Etats-Unis, "Jacky", un "Frenchman in New York". Mais il redevient aussi un "American in Paris" lors de ses fréquentes tournées parisiennes. La carrière de Terrasson a décollé aux Etats-Unis après que le pianiste de renom Herbie Hancock l'eut remarqué et lui eut écrit une lettre de recommandation, lui ouvrant toutes grandes les portes du Berklee College of Music de Boston. En 1986, après seulement un an d'école, Terrasson est recruté pour jouer chaque soir dans un club à Chicago, la Mecque du jazz américain avec New York et la Nouvelle-Orléans. Mais nombreux sont les musiciens talentueux à s'y être cassé les dents. "C'était la meilleure école", s'est-il remémoré lors d'un entretien avec l'AFP en marge du Festival international de jazz de Montréal. "Il y avait un bassiste, un batteur et des vieux mecs qui jouaient hyper bien. La moitié du set consistait en un trio et l'autre moitié c'était un crooner, avec du Sinatra. Il fallait apprendre son répertoire et faire des arrangements", a-t-il ajouté. C'est l'obtention du prestigieux prix de piano Thelonious Monk qui démarque le musicien, en 1993. Aujourd'hui, avec 11 albums à son actif, dont sept sous le prestigieux label Blue Note, et des collaborations avec plusieurs artistes de renom, Terrasson réside à New York mais retourne tous les mois en France.
Son parcours n'est pas sans rappeler celui de Django Reinhardt, de Stéphane Grappelli, de Martial Solal ou des Frères Moutin. Parmi les artistes préférés par le Franco-Américain: Wayne Shorter et Bobby Hutcherson. "Bobby est un musicien extraordinaire. C'est un vibraphoniste. Il est hyper créatif. C'est une sorte de medium. Dans sa façon de jouer il n'y a plus de barrage entre l'inspiration et l'exécution. C'est l'idéal. Mais c'est très dur à atteindre", dit-il en soulignant qu'"avec le très dépouillé, le simple, on peut aller vers l'extase". Cette année au festival international de jazz de Montréal, Jacky Terrasson et le clarinettiste français Michel Portal se sont livrés à des improvisations colorées de reprises de Duke Ellington ("Caravan") ou de Barbara ("Il pleut sur Nantes"). En se servant parfois du Steinway du théâtre Jean-Duceppe comme d'une percussion, Terrasson s'est une fois de plus montré créatif. Le duo a tellement ravi le public que, pour répondre à ses applaudissements, Portal et Terrasson ont rejoué, deux fois de suite, deux nouveaux morceaux de calibre. "Jouer avec Michel, c'est génial", dit Jacky. "D'abord, il joue de la clarinette, de la clarinette basse, du saxo, du bandonéon.... (Tous les deux) on ouvre des portes, on se pousse, on se bouscule, on n'hésite pas à prendre des risques." Pour Richard Legault, un fan de Terrasson qui a assisté à son concert du 26 juin à Montréal, le pianiste "s'est américanisé, mais dans le bon sens du terme: son jeu est souple, presque jazz noir, ce n'est pas un musicien trop intellectuel. Le contact avec le public passe bien, son jeu est plus moderne", dit-il.
Subscribe to:
Post Comments (Atom)
No comments:
Post a Comment